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QUELLE RECHERCHE POUR QUELLE COMMUNICATION ?

 


Le groupe de recherche Intermédia a ouvert un débat public sur la place et le rôle de la Communication dans la réforme universitaire en cours.

L'HERITAGE

Le groupe de recherche Intermédia a affirmé il y a quelques années la vocation des sciences de la communication à prendre la relève des sciences du langage dans la formation propédeutique d'un public universitaire de masse à ce qu'on a longtemps appelé les humanités :


" La sémiologie, aujourd'hui, suivant l'intuition de Ferdinand de Saussure, tend à devenir le lieu d'élaboration d'une problématique commune aux sciences de la communication. Et, de fait, si la linguistique, telle qu'elle s'est développée dans l'héritage saussurien, a donné naissance, en un premier temps à une sémiologie du texte, on a vu naître par la suite, dans sa foulée, une sémiologie de la parole et du discours, puis enfin une sémiologie de l'image.


L'élargissement du champ conceptuel de la recherche sémiologique - de l'usage de l'écrit vers la communication verbale, et de la communication verbale vers la représentation audiovisuelle - est indissolublement lié à l'évolution des technologies de communication de masse. Il s'accompagne d'une évolution des pratiques d'enseignement - pour le public sans cesse élargi d'une université de masse - qui manifeste l'émergence de ce qu'on pourrait appeler les humanités nouvelles.


A la tradition philologique du texte et de l'écriture, qui a accompagné et structuré les humanités anciennes, tend à se substituer aujourd'hui un apprentissage de l'usage intégré du texte, du son et de l'image, qui caractérise la culture et le devenir contemporains des supports de communication. Que l'on nomme sémiologique, sémiotique ou pragmatique cet apprentissage, il est très certainement - dans l'héritage direct de la révolution linguistique - la grammaire nouvelle des humanités modernes."

L'enseignement de la sémiologie en Europe in Com&média n°1, mai 2000.

 

ARCHÉOLOGIE DU SENS
Le groupe de recherche Intermédia a proposé, en 2002, dans la continuité de ses réflexions précédentes, un projet d'enseignement "deuxième niveau" qui fasse suite à l'enseignement élémentaire de la sémiologie du son et de l'image. Nous avons intitulé "Archéologie du son et de l'image" cet enseignement qui constituait également l'armature de la licence bi-disciplinaire "Ecritures des médias" créée à la même époque, en collaboration avec les sciences du langage.


Un tel enseignement ne relève pas de l'histoire des idées ou des sciences : c'est plutôt une étude qui s'efforce de retrouver à partir de quoi, "selon quel espace d'ordre, sur fond de quel a priori historique et dans l'élément de quelle positivité des idées ont pu apparaître, des expériences se réfléchir, des rationalités se former…, des représentations s'ordonner".


De même que la révolution formaliste a mis en évidence les effets de sens liés à la contiguïté des éléments au détriment de la causalité temporelle, de même l'approche archéologique des processus de médiation et de représentation permet-elle de renverser le " préjugé de l'origine " en décrivant la signification à partir de ce qui est plutôt que de ce qui a été.


Il s'agit bien dans notre esprit de nous inscrire dans l'héritage de Michel Foucault et de proposer une alternative à la sempiternelle explication historico-socio-économique -et technologique- du "progrès" des arts et des médias…

 

ARTS ET MEDIAS : de la culture d'entreprise à l'industrie culturelle
Le champ de la communication se distribue aujourd'hui entre les tenants d'une réification sur le mode du marché des rapports sociaux (gestion des ressources humaines, des relations publiques, encadrements des réseaux sociaux, médiamétries, marketing et publicités de toute sorte) et ceux (pas nécessairement adversaires des précédents) qui prônent la rationalisation des ressources culturelles (selon le modèle d'un tout cognitif mâtiné d'agit-prop).

Les premiers cherchent dans le jeu publicitaire les canons de l'harmonie sociale et les autres ne sont pas loin de penser que l'exception culturelle a vocation universelle — pour peu qu'elle soit bien encadrée…

À SUIVRE…