L'ÉCRITURE DU CORÉEN

[5] La création des lettres est attribuée au roi, alors que les commentaires et exemples ont été rédigés par les pensionnaires de l'Académie royale, sous la direction de Chong Inji (voir infra la postface de Chong Inji).
[6] "La Science de la divination peut être définie de façon académique comme la science qui rend compte de la substance et de la transformation de toute chose. Le Principe Ultime procède du chaos et donne naissance au Yin et au Yang qui engendrent eux-mêmes, dans leur interaction, Wuxing, les Cinq Eléments de l'univers : le bois, le feu, la terre, le métal et l'eau. Toute chose dans l'univers procède de ces cinq éléments en perpétuel devenir. L'univers en son origine, le cosmos primitif, était un monde où régnait l'obscurité parfaite. C'est de ce monde que procède le Principe Ultime, l'énergie première qui constitue l'essence de l'univers. C'est pourquoi le Principe Ultime ne s'identifie ni au Yin, ni au Yang, mais constitue un chaos inextricable, un monde neutre où se mêlent Yin et Yang. Mais l'univers n'est pas inerte car le Taiji, le Principe Ultime, l'agite de son souffle en un mouvement qui donne forme aux deux principes opposés du Yin et du Yang. Eux-mêmes engendrent à leur tour, dans la variété de leurs configurations respectives, les Cinq Eléments dont le mélange donne enfin naissance à tout ce qui est vivant, à commencer par l'homme.
C'est de ce même mouvement que procède l'apparition du temps et de l'espace. Le cours des saisons accompagne le flot du Yang vers le Yin et vice versa, tandis que les points cardinaux naissent de leur séparation : l'est et le sud du côté du Yang, l'ouest et le nord, du côté du Yin. Si l'agitation du Taiji est à l'origine de la métamorphose du monde indifférencié en un monde régi par les principes du Yin et du Yang, nul doute que ce même mouvement tende également, à reconstituer, dans un mouvement inverse, un chaos indifférencié. C'est ainsi que la question de l'origine du Taiji se perd dans la description du perpétuel devenir d'un cycle où s'enchaînent à l'infini le chaos, le Taiji et le Yin-Yang."
Park Jihong. "About the Background of the Science of Divination", in Understanding Hunmin-jong.um, op. cit. Voir également : Le Yi Jing, Cyrille Javary, (Paris, Cerf, 89) et Figures de l'immanence, François Jullien, (Paris, Grasset, 93).
[7] Il s'agit de la première et de la dernière figures du Ijing : la Terre et le Retour.

 

[8] La forme des cinq consonnes de base a été fixée d'après celle des organes de la bouche utilisés pour prononcer les différents sons.

 

kiyok
niun
mium
siot
iung

kiyok, consonne vélaire, est une représentation schématique de la langue dont la racine est en contact avec le voile du palais ;

niun, consonne alvéolaire, est une représentation schématique de la langue dont la pointe est en contact avec l'alvéole supérieure ;

mium, consonne labiale, est une représentation schématique des lèvres de la bouche ;

siot, consonne dentale, est une représentation schématique de la forme d'une dent ;

iung, consonne glottale, est une représentation schématique de la forme de la glotte.

 

[9] Les Cinq Eléments sont le bois, le feu, la terre, le métal et l'eau. Leurs relations d'engendrement fournissent le modèle des autres phénomènes.

Eau

Gorge

Hiver

La

Nord

Bois

Molaires

Printemps

Mi

Est

Feu

Langue

Eté

Sol

Sud

Métal

Incisives

Automne

Ouest

Terre

Lèvres

Eté indien

Do

Centre

 

 

 

[10] L'opposition entre sons "clairs" et "opaques" (selon la métaphore attachée à la qualité de l'eau de surface et de l'eau des profondeurs) est empruntée à la phonologie chinoise qui oppose une série de sons doucement articulés (non aspirés) à une série de sons fortement articulés (aspirés).

 

[11] La classification des sons médians (ou voyelles) s'organise premièrement d'après le point d'articulation (postérieur, moyen, antérieur) combiné à la profondeur du son, deuxièmement d'après l'ouverture de la bouche combiné à la forme des lèvres (arrondies / non arrondies). Un quatrième trait introduit les diphtongues palatales.

 

[12] Le Rat est le premier des douze signes zodiacaux chinois. L'heure du Rat (minuit) ouvre le cycle de la journée. [13] Le Bœuf est le deuxième signe zodiacal. L'heure du Bœuf est la deuxième heure de la journée (deux heures du matin). [14] Le Tigre est le troisième signe zodiacal. L'heure du Tigre est la troisième heure de la journée (quatre heures du matin).

 

 

[15] I.e. du Yin-Yang. [16] Le Ciel, la Terre et l'Homme sont les trois principes de base (ou les Trois Vertus). Le terme chinois signifie à la fois "germe" ou "pousse", à propos d'une plante, et "qualité", "vertu" ou "talent" à propos d'un être humain. Il s'agit donc d'un don naturel, ou essentiel, qui se développe s'il est cultivé.

 

 

 

[17] Chaque partie du texte des "Sons corrects" s'achève par un résumé en vers rimés qui reprend le contenu du chapitre selon une forme facile à mémoriser. [18] Voir infra : "Sources phonologiques chinoises des sons corrects" par Lee Don-ju.

 

 

 

 

 

[19] Cela permet par exemple d'ajouter des marques morphologiques coréennes au mot chinois. Les ajouts de [i] et de [s] en finale correspondent respectivement aux marques du nominatif et du génitif coréens.

 

 

[20] Voir note 16.